Vous y croyez ?
Sondons...
Vive les sondages ! Ces petits chiffres suivis de pleins de statistiques en pourcentage ont la côte c'est sûr. Par exemple, Télérama nous livre des sondages sur la crédibilité des médias dans son numéro 2663 du 24 janvier 2001. On y apprend que les journalistes sont indépendants du pouvoir pour 32 % des sondés, qu'ils ne sont que 25 % indépendants aux pressions de l'argent. On retrouve aussi la question fatidique de l'indépendance éditoriale : "Beaucoup de chaînes de télévision, journaux et magazines sont la propriété de grande sociétés. Cela joue-t-il sur leur indépendance ?". Et ce sont seulement 20 % des sondés qui croient à l'indépendance de ces médias "gouvernés".
On nous apprend aussi que le doute est de retour et que nombre de français deviennent sceptiques quant à la véracité des informations transmises par les médias. Le problème n'est pas vraiment dans ce que les français croient ou pas, mais est-ce que ces sondages ont réellement été effectués.
Qui a sondé ?
A la fin du même dossier, on apprend que ce sondage "a été effectué par la SOFRES [...] du 21 au 26 décembre 2000 auprès d'un échantillon national de 1000 personnes représentatif de la population de 18 ans et plus". En effectuant un rapide calcul, la SOFRES a sondé 200 personnes par jour. Ce chiffre est tout à fait possible, mais rappelez-vous...Le sondeur fatigué
Décembre 2000, quelques jours avant Noël, j'allume la radio. N'importe quelle station, je tombe sur une émission politique. Alors que j'allais zapper voilà qu'arrive un ex-sondeur. Et il déballe sa vie professionnelle. Il explique que le métier de sondeur (on va dire enquêteur) est particulièrement difficile. Quand on va faire du porte à porte, on n'est jamais sûr d'être bien accueilli. On tombe toujours sur un mal réveillé ou un grincheux qui dans le meilleur des cas vous ferme la porte au nez et dans le pire des cas vous insulte en vous menaçant. Pour les enquêteurs qui n'ont pas peur de la note de téléphone, on prend le combiné et on compose des numéros au hasard. Mais là encore, on n'a plus de chance d'être mal reçu qu'autre chose.
Alors, notre sondeur témoin nous raconte sa méthode et celle de la plupart de ces collègues. La méthode en question est d'aller au café du coin et de poser des questions au personnes que l'on connaît. Avec dix personnes ayant répondu aux questions, on arrive rapidement à fabriquer une centaine de vrai-faux sondés en modifiant une ou deux réponse à chaque fois. Résultat ? Des sondages faux et archi-faux. Ces méthodes sont cachés autant aux employeurs qu'aux lecteurs des sondages. Impossible donc de se fier à ces petits chiffres.
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