| Langue de chat |
Rhaaaa
Les français n'aiment pas qu'on touche à leur si belle langue, et cela se voit. En vous plongeant dans les revues françaises, on s'aperçoit qu'il n'y en a pas une où un lecteur ne crie contre les abus de la mondialisation sur la langue française. Stop ! La francophonie est condamnée avec des gens comme ça, explications par un lecteur de PC Expert.Extrait de la Tribune libre de PC Expert n°105, février 2001
Le nouvel an commence (ainsi qu'un nouveau millénaire) avec une lettre dans votre numéro de janvier 2001, concernant "la langue de chat". Après un séjour d'environ huit ans en France, il n'y a rien qui surpasse plus mon ennui qu'un tel message. L'opinion de M. Samir Akkeba porte une barbe d'au moins plusieurs siècles et tout le monde peut la retrouver (avec d'innombrables variations) dans n'importe quelle revue. Chaque Français et Française doit avoir lu des histoires larmoyantes sur l'état de santé de la langue française au moins une centaine de fois dans sa vie. Moi, en tout cas, j'ai arrêté de compter. Une langue qui ne tolère aucune liberté, aucune joie, aucune évaluation, aucune blague, qui défend chaque accent circonflexe avec une telle frénésie, une telle langue est condamnée à mourir, ce qui est le cas. Des gens comme M. Samir Akkeba, qui souhaitent même réglementer les "smileys", ne sont pas les défenseurs de la langue française. Ils peuvent devenir les gardiens du musée de la langue française.
Je discute du sujet grâce à ma propre expérience : pendant ma jeunesse, on m'a enseigné la français, l'anglais et l'allemand ainsi que ma langue maternelle. Aujourd'hui la plupart des élèves n'apprennnent que l'anglais. Sur mes courriers, les facteurs appliquent un autocollant mentionnnant "PRIORITY", trois fois plus grand que "prioritaire", qui n'est que mentionné à cause de certains traités datant d'il y a bien longtemps. Ce ne sont que deux exemples d'une longue liste. Nous vivons dans une époque où la communication est omniprésente. Si la langue française était présentée au monde entier avec la même joie et vitalité dont M. Akkeba et toute l'armée des défenseurs de la langue française font preuve, on peut être convaincu de ne jamais regagner un millimètre de terrain. Avec une telle opinion misanthrope, on ne peut que perdre. Et pourtant, à chaque fois, la même ennuyante opinion est publiée sur la page principale, comme s'il s'agissait d'une opinion d'une fraîcheur inouïe.
Chacun a le droit de s'exprimer librement, M. Akkeba ainsi que moi-même. C'est pour cela que je vous dis : pour que la langue française vive, permettez-vous quelques libertés, un smiley par-ci et par-là, une petite évolution et une petite influence d'une langue étrangère. En ouvrant un dictionnaire, il est facile de vérifier que des langues comme l'anglais et le néerlandais, qui trouvent leur racines dans d'autres familles de langues que le français, ont absorbé au moins 10 à 20 % de mots d'origine française. Le plus souvent dans les domaines où l'influence française fut manifeste, comme les voyages par chemin de fer, la courtoisie, l'armée et la prostitution (ce ne sont que quelques exemples).
Maintenant, c'est au tour des Français d'accepter une certaine influence de l'étranger, au moment ou l'anglais est une langue forte et dans la mesure où l'anglais est une langue forte et dans la mesure où les ordinateurs se sont développés dans les pays anglophones. Je peux vous asurer qu'une langue n'est pas perdue le jour où elle adopte son premier mot étranger. Bien le contraire, une langue fait preuve de vitalité si elle sait s'adapter. L'ordinateur, le chat, l'e-mail et Internet peuvent être utiles pour préserver la langue française dans le monde entier comme une langue de liberté, de vitalité et de tolérance. Je vous signale que l'image de la langue française à l'étranger non francophone est plutôt plus proche du contraire, ce qui est regrettable.
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J. GESTMAN GERADTS, par e-mail.
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