Je voulais
t'écrire depuis longtemps, voilà désormais chose qui
est faite. Jamais je ne pourrais écrire ce que je ressens pour toi.
On n'écrit pas des sentiments. Les sentiments sont volatiles et insaisissables.
Impossible de les graver sur papier. Et je vais pourtant m'y essayer.
Ma plume est
déjà lourde, puisse-tu l'alléger à l'aide de tes
si subtiles pensées. Quand je t'ai rencontrée la première
fois, je ne t'ai franchement pas remarquée. Ce n'est que plus tard
que j'ai pris conscience que la perle rare était assise à côté
de moi. Beaucoup croient en l'âme soeur, pas moi. Non, je ne me fais
pas d'idée préconçues, pas de rêves utopiques,
même si mon imagination préfère me suggérer des
pensées inutiles.
C'est cette
même imagination qui me travaille et m'a fait conclure que tu était
MA perle rare. D'abord résigné et réaliste, j'ai fini
par devenir un utopiste rêveur. Et chaque nuit, chaque jour, à
chaque heure, chaque minute je rêve de toi. Mais ma raison me répond
encore et toujours que tu n'est ni la première ni la dernière
que je rencontrerais. Que ce n'est pas possible à cet âge là,
que je suis trop jeune, que la vie m'attend. Mais, si jeune sois-je, mes sentiments
ne sont-ils pas sincères ?
Qui peut juger
de la sincérité ou de l'utopie de mes sentiments ? Je suis le
seul capable de juger mes sentiments. Je ne vois personne de mieux placé
que moi.
Pendant ce voyage,
je n'ai pas cessé de m'intéresser à toi. J'étudiais
chacun de tes gestes, chacune de tes réponses, je suivais chacun de
tes pas du regard. Mais personne ne l'a remarqué. Et c'était
bien ce que je voulais, ne rien laisser entrevoir de mes sentiments. Quelle
bêtise ! Tous me croyaient en train de courtiser C. alors que c'était
à toi que je m'intéressai. A travers les paroles que nous avons
échangé, j'ai remarqué une certaine appartenance à
mon état d'esprit. Mais par la suite, tout dans ton comportement était
similaire au mien. Vu de là-haut, on aurait juré deux clones
!
Qui osera faire
le premier pas vers l'autre ? Sûrement pas moi, victime de mon increvable
timidité. Mais sûrement pas toi non plus, encore plus timide
que moi. Il va falloir que je me dévoue encore une fois à commencer
le dialogue. Mais comme dit le proverbe, "Qui ne tente rien, n'a rien".
Je ne pourrais
évidemment pas te dire que je t'aime, c'est plus subtil. Je ressens
pour toi une autre forme d'amour, indescriptible. Et aucun mot ni aucune phrase
ne pourra décrire mes sentiments. Mais mes sentiments se lisent sur
mon visage. Alors, regarde-moi longuement. Plonge ton regard dans mes yeux
couleur océan et tu comprendra... Tu comprendra, j'en suis convaincu...